Certains d’entre nous avaient déjà participé à des explorations sous-glaciaires, notamment au Glacier du Gorner à Zermatt où ils avaient par exemple dû s’arrêter à – 80 mètres dans un moulin.

En 2011, l’idée d’aller sur le Glacier de la Plaine-Morte est apparue, mais c’est en octobre 2012 que la première sortie a eu lieu. Il a été possible de monter jusqu’à près de 3000 mètres en 4×4, grâce à une piste maintenue pour la construction d’un radar météo. Bivouac à proximité. Un moulin a pu être exploré jusqu’au bas de son premier puit, à – 30 mètres. L’équipe a pu redescendre de la montagne juste avant de grandes chutes de neige.

En septembre 2013, repérage des moulins par grand vent et un peu de pluie, puis, en octobre 2013, à nouveau montée en 4×4, mais avec plus de difficultés. Repérage d’un autre moulin, plus grand, où nous descendons jusqu’à un premier palier. Le puit continue, mais est alors trop arrosé.

Plaine-Morte

En avril 2014, montée en télécabine et bivouac sous tente à côté du premier moulin. Nous essuyons des chutes de neige et un orage. Le lendemain, repérage du deuxième moulin. Après un rappel d’une dizaine de mètres, nous devons creuser un tunnel de plusieurs mètres dans la neige pour atteindre une tête de puit, bouchée en dessous. Nous essayons de faire sauter le bouchon avec notre poids, mais cessons finalement par sécurité.

Cette année, nous projetons une tentative hivernale et une automnale. Affaire à suivre donc !

Plaine-Morte

Moulin glaciaire au Glacier de la Plaine-Morte

Ces explorations visent plusieurs buts : le premier, c’est le simple plaisir de l’exploration en tant que telle, avec tout ce que cela implique et comporte, de l’accès au bivouac sur place, en passant par la découverte. Une autre motivation, c’est l’étude des écoulements, karstiques notamment, avec l’exploration, débutée depuis de nombreuses années déjà, des sources du Locquès, plus de 1000 mètres plus bas. Enfin, c’est l’aventure sportive, rassemblant des passionnés de tous horizons, du scientifique au spéléo, en passant par l’alpiniste. La spéléo sous-glaciaire nécessite en effet des compétences multiples : la progression verticale relève des techniques spéléologiques, les amarrages avec le matériel d’alpinisme et certains passages nécessitent d’utiliser des techniques et du matériel de canyoning.

Le rêve inavoué, ce serait de traverser verticalement le glacier, d’atteindre la roche et de poursuivre – soyons fous – dans une cavité karstique…

Fred & Hervé  (et tous les participants occasionnels)